Ce soir, nous sommes alles au restaurant pour celebrer la premiere annee passee ensemble. Un an deja, un an seulement... mais on l'espere encore beaucoup d'autres annees comme celle-ci. Mais la n'est pas l'objet de ce message, je suis venu ici pour vous parler (encore !) de nourriture, le reste restant de notre sphere privee (et oui les curieux !). Profitant de la recente sortie du Guide rouge Michelin, nous avons decide d'aller dans un restaurant etoile et notre choix s'est arrete sur Gastronomie Francaise Tateru Yoshino. Je reviendrai un peu plus tard sur la folie melee de polemique qui a entoure la sortie du guide, faisons place tout d'abord a notre repas.
Ceci commence par un tout petit carpaccio de jeune chevre: assez etonnant, bon (mais il valait mieux manger la viande seule pour apprecier la subtilite de son parfum et de son assaissonement).

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Puis consomme de caille avec une petite quenelle dont nous ne nous rappelons plus la composition.

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Chou farci au crabe avec une petite sauce cremeuse... pas mauvais, mais ce n'est pas le plat au gout le plus affirme de la soiree, peut-etre la seule legere fausse note.

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Oeuf mollet, sauce au vin rouge et une lamelle de truffe. D'apres Armelle, le morceau d'anthologie de la soiree... elle a surement raison. Tout etait parfait, avec une mention speciale pour la sauce au vin rouge.

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Mille-feuille d'aubergine et de thon cru avec une sorte de creme fouettee aux graines de moutarde, tres fin !

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Le plat de poisson, qui utilise un poisson local, le Hata. Servi avec de delicieux champignons, une sorte de pousses de poireaux ou de tres tendres queues d'oignons (pas reussi a identifier) et une sauce cremeuse tres bien realisee, un plat qui m'a beaucoup plu.

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Plat principal de viande a base de sanglier avec des tagliatelles a la creme 'parmesane'... j'ai eu un peu plus de chance qu'Armelle, mes morceaux de viande etant plus gras et par consequent beaucoup plus gouteux. Un plat bien realise.

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Pre-dessert assez complexe a base de mousse de fromage blanc, de pamplemousse et d'autres choses... tres bon !

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Dessert different pour Armelle et moi : miroir au chocolat en ce qui me concerne (ca ne devrait pas trop vous surprendre), Mont-blanc pour Armelle, tous les deux forts reussis.

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Quelques sucreries pour le cafe et la tisane : macarons (rose a la rose, vert a la pistache... delicieux !), orangette, amande au chocolat, sable au chocolat (j'en ai redemande un deuxieme) et une sucrerie a l'anis.

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Pour finir, une photo de la salle se refletant dans la vitre... avec en arriere plan la vue que nous avions... et puis nous deux, bien heureux a la fin de ce magnifique repas.

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Pour revenir sur le Guide rouge. Sa premiere edition japonaise est sortie fin novembre (voir l'article en lien) pour etre en rupture de stock 48h plus tard (autre article ici)... les japonais sont fous ! Meme si les critiques envers la selection de restaurant semblent relativement nombreuses, cela n'a pas empeche les lecteurs de se precipiter dessus. J'ai eu de la chance de beneficier de l'aversion des japonais pour l'anglais, trouvant bien apres les 48h fatidiques un guide en la langue de Shakespeare. Par contre, mission impossible pour trouver une place dans un des nouveaux 3 etoiles promus (nous en avions repere un relativement abordable qui semblait de plus tres sympathique) : Armelle a abandonne apres 30mn non stop au telephone le matin, la meme chose l'apres-midi ou elle a meme commence a appeler avant l'heure officielle... pour trouver en vain une ligne constamment occupee ! La fenetre de reservation est reduite (telephone ouvert 2h30 matin et apres-midi seulement) et le tout Tokyo doit vouloir se rendre dans cette nouvelle adresse a la mode. On essaiera dans quelques mois. Un deux etoiles avait lui aussi retenu notre attention : plein jusqu'a la fin decembre. Pas grave, nous irons en janvier... et en attendant, nous avons donc fait ce une etoile qui nous a ravi.
Pour illustrer un peu plus la polemique, voici quelques echos publies dans la presse locale : Aera se fait l’écho de la déception ressentie par les professionnels de la restauration au Japon après la publication du Guide Michelin Tokyo. Le magazine cite ainsi Jun Yokokawa, critique gastronomique, pour qui « le Michelin n’a retenu que des établissements qui ne méritaient pas de l’être. Concernant les restaurants japonais, les critères de choix semblent se résumer à savoir s’ils proposent du vin et s’ils peuvent plaire aux étrangers ». Le magazine note que le guide était jusqu’à présent la référence pour trouver un établissement proposant une cuisine et un service exceptionnels. Mais l’édition consacrée à Tokyo accorde trois étoiles à des restaurants, dont certains ne sont même pas équipés de toilettes, qui refusent les cartes de crédit, qui pressent le client de partir une fois son assiette vide et qui sont dirigés par des gens qui font la tête quand on leur commande de l’alcool. En conclusion, estime Aera, le guide ne retient que des lieux qui proposent des plats visuellement attirants. L’hebdomadaire s’interroge aussi sur les conditions dans lesquelles ont été menées les évaluations. Les cinq inspecteurs ont visité 1 500 restaurants en un an et demi. D’un côté, le magazine trouve ce chiffre trop important pour 500 jours d’activité. De l’autre, il se plaint de ce que seuls 1 500 établissements aient été visités, car ils ne représentent pas 1% des restaurants de la capitale.
Source : Aera (03/12, 23-26)
Il est vrai qu'on peut trouver etonnant qu'un restaurant dont le menu le moins cher commence a 30.000 yens n'accepte que des paiements en liquide, mais apres tout le Japon est tout de meme le pays du liquide roi, ou on recoit encore et toujours moins de points de fidelite dans les magasins si on paie par carte plutot qu'en liquide, meme quand cet achat atteint les 500.000 yens ! On notera aussi que les critiques semblent se contredire, certains se plaignant du fait qu'il fallait servir du vin pour etre dans le guide alors que d'autres reprochent au restaurateur de ne pas vouloir servir d'alcool... une chose est sure, un tel guide ne peut pas faire que des heureux, surtout dans une ville qui compte autant de restaurants que Tokyo ! J'ai ete de mon cote un peu surpris de la surepresentation des sushis dans les 3 etoiles japonais, cette cuisine ne me semblant pas la plus propice a l'innovation culinaire (alors que pour moi, 3 etoiles doit meler qualite des produits et de l'accueil a une innovation, une faculte a surprendre agreablement le consommateur). Bien que curieux de comprendre ce qui peut dans un sushi justifier une telle recompense et tout amateurs de sushis que nous sommes, je ne pense malheureusement pas que nous irons essayer un de ceux-ci, la facture etant un peu trop... salee !