Il se trouve qu'un mot existe pour designer l'amour fou et soudain qu'ont eu (et semblent encore avoir) les Japonais pour les bananes. Il s'agit de "Yokonarabi". J'ai trouve quelques articles sur internet faisant reference a ce trait de caractere de la societe japonaise, valide tout aussi bien dans la vie quotidienne que dans le comportement des entreprises. Avoir la meme chose que le voisin, se comporter comme son voisin, ou son concurrent quand on parle de l'industrie, est une maniere de se rassurer et de se sentir en securite. Je vous livre quelques extraits d'un article consacre a ce comportement par un Japonais, article en anglais que vous pouvez trouver en suivant ce lien.
YOKO signifie "horizontal" et NARABI signifie "etre en ligne. Le mot YOKONARABI lui-meme indique que les gens souhaitent etre au meme niveau ou posseder les memes choses. Par exemple, si une famille achete une nouvelle voiture, alors son voisin va se dire "tiens, il faut que j'achete moi aussi une nouvelle voiture". De la sorte, il pense maintenir son statut social. Il en va de meme pour les ecolieres qui portent des Chapatsu (loose socks, j'arrive pas a traduire en francais, mais je pense que l'auteur fait reference aux chaussettes qui partent en accordeon et ont ete populaires par le passe) ou des femmes qui achetent toutes un Vuitton. Pour l'auteur, les femmes en achetant ce sac ne sont pas interessees par sa qualite, mais plutot par le fait que leurs amies possedent le meme et donc qu'il leur en faut un.
Ainsi, l'auteur pense que les Japonais accordent une importance exageree a l'apparence et a ce que pensent les autres de leur comportement. Il dit partager a une idee vehiculee par l'auteur americaine Ruth Benedict dans son livre "La chrysantheme et l'epee" qui dit que la culture japonaise est la culture de la honte, qui accorde plus d'importance a la disgrace qu'au crime qui y conduit.
Par-dela les bananes, Armelle a eu un exemple recent d'Eclairs Fauchon tricolores (bleu, blanc, rouge, ca doit etre bizarre) qui se sont vendus comme des petits pains lors d'un recent evenement francophone dans un supermarche du Kansai... uniquement parce qu'ils etaient passes a la tele la veille - un peu comme mes bananes en fait, sauf qu'ici il n'etait meme pas question de bienfait pour la sante. Retrospectivement, il a du en etre de meme pour la folie des Krispy Creme Doughnuts l'annee derniere : un bon reportage sur le nouveau magasin et hop, c'est l'affluence pour plusieurs mois !

Pour en finir sur les bananes, il faut quand meme noter qu'on en parle jusque dans le Times du 20 octobre 2008, rassurez-vous juste dans un petit encart (traduction rapide) : Les supermarches peinent pour repondre a la demande des consommateurs pour les bananes alors qu'un engouement pour le regime balaie le pays. La popularite du schema, qui prescrit une banane et un verre d'eau chaude chaque matin (zut, triple zut, depuis tout le temps que je mange ma banane, il me manque cet element essentiel), a ete propage par les reseaux en ligne, un livre best-seller appele "La banane du matin" et des temoignages de celebrites. Le principal importateur de bananes, Dole, rapportent que les ventes de bananes sont en progression de 25% depuis la meme periode l'annee derniere. Malgre les etals vides et les prix en hausse (tiens, j'ai pas fait attention a ca, faut avouer que j'ai l'impression de ne jamais payer mes bananes au meme prix de toute facon), les experts en nutrition sont sceptiques, faisant remarquer que la banane n'est pas directement responsable de la perte de poids.

PS : au sujet de Ruth Benedict, je vous suggere de vous rendre sur Wikipedia pour en savoir plus sur cet auteur, qui malgre son livre sur le Japon, n'y a jamais mis les pieds. Son oeuvre porte semble-t-il a controverse mais demeure malgre tout reconnue, meme au Japon. L'article en anglais est bien entendu plus complet que l'article francais, mais c'est ce dernier que je vous mets en lien.